Impressions d’Alexandrie : mythes, décors et réalités

Article : Impressions d’Alexandrie : mythes, décors et réalités
25 octobre 2012

Impressions d’Alexandrie : mythes, décors et réalités

Crédit photo : ingrid Quefeulou

Lorsque l’on évoque l’Egypte en général et Alexandrie en particulier, de nombreuses images nous viennent en tête, des plus stéréotypées aux plus insolites… Les papyrus, pharaons et autres héros : des plus anciens comme Alexandre le grand,  en passant par Dalida et Claude François (et sa fameuse chanson) pour les plus « people  » ! Mais il y a aussi des images beaucoup plus récentes  qui reviennent parfois, parce que fréquemment véhiculées par les médias : l’après révolution, les niquabs et autres hijabs (le débat français a fait des vagues), un certain machisme et surtout beaucoup de questions qui me parviennent : Que vas-tu faire là bas? Que cherches-tu ? Pourquoi partir en Egypte et pas au Canada ou encore en Australie par exemple ? Qu’y a-t’il a faire, a voir là bas en ce moment ?

L’architecture d’Alexandrie, mélange des constructions de l’après-révolution du 25 janvier 2011 éparpillées dans la ville sans règles précises, et de majestueux immeubles qui nous rappellent un âge d’or de la ville qui apparait comme révolu. Il y a toujours moultes trésors à découvrir, dont le fameux phare, qui n’est plus visible que pour certains plongeurs. Il s’est effondré au quinzième siècle suite à de nombreux tremblements de terre et tsunamis et a été redécouvert englouti, par l’archéologue Jean-Yves Empereur au début des années 1990. A sa place, trône fièrement le fort Quaitbay, construit en partie avec des fragments du phare. Il y a aussi la corniche, comme une fenêtre sur la mer où viennent se  promener les amoureux, mais aussi les familles ou encore les vendeurs de maïs grillés et autres gourmandises.

Crédit photo : Ingrid Quefeulou

Un peu plus loin, la Bibliotheca Alexandrina rend hommage à l’antique bibliothèque, elle aussi détruite mais par un incendie. Elle trône fièrement comme une prouesse architecturale et un temple des savoirs, avec des allures de Croisette (à Cannes) par son côté pimpant et accrocheur. Au cœur de la ville, se trouve le quartier de Mansheya et ses souks, café baladi où l’on boit du café turque et on joue au taoula (jeu traditionnel sur le modèle du tric-trac ou bagammon) ; Aux portes de la ville, Agami est le Saint Topez alexandrin où des « pins-up » en bikinis côtoient un environnement industriel assez effrayant. Image typique illustrant le paradoxe égyptien dans une société chamboulée.

Crédit photo : Pascaline

Nous sommes désormais dans une nouvelle ère, morose, à en croire les dires de la jeunesse égyptienne, en particulier pour ceux qui ont été impliqués dans la révolution, et qui ne sont pas très optimistes pour le pays. L’atmosphère est parfois lourde, comme si l’on ressentait la dépression qui gagne les égyptiens ; certains sont persuadés que « rien ne va changer » alors que d’autres craignent que « ça bouge, mais pas dans le bon sens ». Les espoirs des jeunes se tournent parfois vers l’étranger, où tout paraît plus simple qu’ici, et où ils pourront peut-être trouver un emploi, construire une vie plus stable, dans un pays plus stable lui-même, insh’allah ! Telle est le mythe de l’Occident, que l’on ressent à chaque « Welcome Egypt » lancé au détour de notre chemin, mais aussi parfois la méfiance, l’envie, parfois la haine, la curiosité ou tout cela à la fois, que l’on inspire avec notre corps trop mince, notre peau et nos cheveux trop clairs pour passer inaperçu-es.

Mais ce n’est qu’en dialoguant avec les gens que l’on parvient à comprendre, parfois un peu, et à accepter, certains jours plus que d’autres, pour y trouver notre place, petit à petit.

Alexandrie m’a entrouvert les portes de l’Egypte: l’Egypte des paradoxes ou les paradoxes de l’Egypte…

Crédit photo : Pascaline

Cet article est également disponible sur le site du Marseille Bondy Blog.

Partagez

Commentaires