Mon top 10 des plus belles chansons égyptiennes

Article : Mon top 10 des plus belles chansons égyptiennes
Étiquettes
10 août 2013

Mon top 10 des plus belles chansons égyptiennes

Crédit image : Ghassen  Mtimet https://www.ghassenmtimet.com/
Crédit image : Ghassen Mtimet https://www.ghassenmtimet.com/

Un top 10 est forcément subjectif et incomplet. Aussi, aurais-je dû préciser, cet article vous présentera les 10 chansons égyptiennes les plus belles à mes yeux, connues où non, et dont je ne vous ai pas encore parlé. Il n’est qu’une excuse pour vous amener sur le vaste chemin de la musique égyptienne, que j’ai pu emprunter il y a quelques temps et dont je n’ai pu me détourner depuis.

C’est aussi un moyen, en cette période difficile dans ce pays, de vous renvoyer une autre image de ce berceau de la culture, où devrais-je dire, des cultures du monde. La musique n’échappe pas a la règle et il fût une époque où les grandes chanteuses arabes comme Warda l’algérienne, partaient en Egypte pour rencontrer le succès. Si j’avais intitulé cette liste « les plus grandes divas de la chanson arabe », elle y trônerait en bonne place, aux côtés de Fairuz la libanaise, puisqu’elles sont considérées ainsi, au même titre qu’Oum Kalthoum l’égyptienne. Mais ne nous écartons pas trop du sujet ! Voici donc ma sélection, pour vous emporter dans l’ambiance égyptienne, des salons feutrés des grands hôtels de luxe de l’époque, pour les chansons classiques, aux taxis bondés de l’Egypte d’aujourd’hui pour les chansons plus populaires.

La quatrième pyramide

Il est impensable d’écrire ce top 10 sans mentionner celle qui fût et qui restera sans doute encore très longtemps la chanteuse égyptienne la plus célèbre, la plus impressionnante et la plus énigmatique de tous les temps. On dit d’elle qu’elle est comme « La quatrième pyramide » en Egypte, et elle a même un musée à son effigie au Caire, qui expose ses tenues de scènes, ses célèbres lunettes, ou encore ses premiers phonographes. Je l’ai déjà nommée, Oum Kalthoum prend en toute logique la tête de ce classement, par son ancienneté, par sa renommée et surtout pas son talent. J’ajouterais que sa musique n’a pas pris une ride, et que si la chanteuse est décédée en 1975, sa musique continue de vivre, en Egypte mais aussi bien au delà. Ainsi, quand j’ai la nostalgie de l’Egypte, je vais m’asseoir dans ce petit bar a chicha de la plaine, à Marseille, pour écouter Oum Kalthoum. Si j’ai dû choisir une chanson pour ce classement, j’aurais tout aussi bien y mettre son répertoire tout entier ; chansons qui duraient en moyenne 55 minutes et qu’elle ponctuait toujours de longues improvisations lorsqu’elle les interprétait sur scène, un mouchoir de soie à la main.

https://www.youtube.com/watch?v=8viyFkMnEhQ#at=104

Le cosmopolitisme de la société alexandrine des années 70

La chanson qui suit à une histoire mal connue, mais reste pour autant un classique de la chanson égyptienne, bien que ses paroles soient en arabe, mais aussi en français et en italien. Elle représente très bien le cosmopolitisme de la société alexandrine des années 70, où les communautés italiennes, grècques, françaises côtoyaient les communautés coptes, juives et musulmanes de l’Egypte. L’histoire qu’elle raconte se déroule dans cette ville, dans le quartier Attarine, aujourd’hui surnommé le « quartier des antiquités », où l’on peut trouver tout à tas de bric-à-brac et même entrer dans un grand magasin ayant presque conservé tout son décor de l’époque. Mais il y eu beaucoup d’autres versions, dans d’autres films égyptiens, mais pas seulement. Des chanteurs espagnols, français, grecs, serbo-croates, ou encore cypriotes-truques l’interprétèrent dans différents styles musicaux. Plus récemment, il y eu même Jimmy Page, le guitariste du groupe Led Zeppelin qui en fit sa propre version, ou encore le compositeur Nadeem-Shravan dans le film indien Aatish.

https://www.youtube.com/watch?v=cI_W_r-m8_4

Influences traditionnelles et modernes

Fathy Salama à puisé ses influence dans les musiques d’Oum Kalthoum, de Farid El Atrache et de Mohamed Abdel Wahab, les grands musiciens orientaux du 20ème siècle. Il s’est ensuite inspiré de grands musiciens de jazz lors de ses visites à New York et en Europe, pour créer une musique mêlant influences traditionnelles et modernes, Orient et Europe. L’une de ses plus grandes oeuvres est l’album Egypte, où il a collaboré avec le chanteur sénégalais Youssou Ndour. Album qui eut un grand succès dans le monde mais qui avait fait polémique au moment de sa sortie au Sénégal, une polémique expliquée dans le film « Youssou Ndour : I bring what I love ». La question qui se posait alors était de savoir si un chanteur populaire comme Youssou Ndour avait la légitimité de chanter Dieu et les grands marabouts. La réponse se trouve sans doute dans la beauté de cet album…

Une des plus grandes voix du répertoire traditionnel et sacré de la Haute-Égypte

Continuons dans le répertoire des chants sacrés. Cheikh Zein vit actuellement à Marseille. C’est ici que je l’ai connu. Je n’ai pourtant pris conscience de sa renommée et de la multitude de ses projets qu’une fois arrivée en Egypte, redécouvrant l’artiste sous un jour nouveau. D’une famille soufis de de père en fils, il est « une des plus grandes voix du répertoire traditionnel et sacré de la Haute-Égypte » comme le qualifie le site de Marseille-Provence 2013. Ses spectacles s’accompagnent parfois des danses des derviches-tourneurs, dont les tournoiement évoquent la course des astres autour du soleil. Il a également composé de nombreuses chansons avec le groupe Zarman fabriq.

Une voix en or

Donia Masoud est Alexandrine, l’une des raisons de mon choix, et aussi sa voix en or, trop peu connue. Elle n’a peut être pas eu le succès qu’elle mérite, dit on dans la cité d’Alexandre où elle est née. Elle partira ensuite pour la capitale, pour chanter, jouer la comédie, et étudier la musique folklorique et la poésie arabe. Elle collaborera notamment avec la compagnie de Fathy Salama, qui aura une grande influence sur son art.

La scène indépendante égyptienne

Dans la même veine, Dina el wedidi est une chanteuse égyptienne contemporaine, devenue célèbre sur la scène indépendante, dans un mélange des genres accompagné par du violon irlandais, de la trompette ou encore de l’accordéon. La longue partie d’instrumental de cette chanson nous donne une petite idée de ce qu’elle doit dégager sur scène.

 Un amour pour son pays

Aida El ayoubi est une chanteuse égyptienne qui débuta sa carrière dans les années 90, mais qui fût une longue pause avant de revenir sur le devant de la scène, notamment grâce ses collaborations avec le groupe cairote Cairokee et leur « hymne à la révolution » « Ya el midan ». Elle a également réalisée un album de chants religieux « Tawasul wa Ragaa’ bi Jah Sidna ». La chanson « A’ala Baly » est la plus connue de son premier album, très patriote, où l’artiste chante son amour pour son pays.

https://www.youtube.com/watch?v=jvIgqZnSBB8

Instruments, chants traditionnels égyptiens et musiques électroniques

Egyptian project est un projet musical issu d’une collaboration entre le  Nantais Jérôme Ettinger et le maître Mostafa Abdel Aziz qui participa à un autre projet connu, « Mozart l’égyptien ». Leur travail mêlent instruments et chants traditionnels égyptiens avec des musiques électroniques modernes. Le résultat sur scène est fabuleux.

Chanteur le plus populaire de la pop égyptienne

Dans un tout autre style, parmi les chanteurs les plus populaires de la pop égyptienne d’aujourd’hui, il y a Amr Diab et Mohamed Mounir. Amr Diab fut consacré par plusieurs chaînes de télévision arabes comme le meilleur chanteur arabe des années 1990. Il a également joué dans plusieurs films égyptiens, dont « Ice cream » d’où cette chanson est tirée.

https://www.youtube.com/watch?v=Z09fuhDrUz4

 Musique égyptienne contemporaine

Enfin, je ne pouvais clôturer cette liste sans mentionner le nom de Mohamed Mounir. Sa musique est très populaire en Egypte. Et je n’en connais sans doute qu’une infime partie, car il chante depuis fort longtemps et à traversé tous les styles musicaux, de la musique nubienne traditionnelle de sa région d’origine (la Nubie, au sud de l’Egypte) en passant par la pop, le jazz et le reggae. Je vous présenterais donc ici une chanson où il chante en duo avec The wailers et vous laisserais la possibilité de découvrir le reste de son œuvre qui, quoi que l’on en pense, mérite d’être connue si l’on veut avoir une idée de ce qu’est la musique égyptienne contemporaine. Car si l’on rêve encore de l’Egypte de la grande époque, où elle fût un centre culturel dans tout le Moyen Orient, on ne doit pas oublier que ce qui fait sa culture aujourd’hui mérite aussi que l’on s’y attarde…

https://www.youtube.com/watch?v=USof6piiMf0

Alors bonne écoute à tous !

 

Partagez

Commentaires

Behem
Répondre

Beau travail Petito,
Merci

Ptah
Répondre

Merci! Merci! Merci!

pascaline
Répondre

Avec grand plaisir !

Mylène
Répondre

Complète découverte pour moi, mais fort agréable. Je connaissais ces sonorités, mais pas plus... Ton billet est une belle porte d'entrée vers cette culture que je ne connais pas.

Serge
Répondre

Je suis surtout frappé para la beauté de ces divas

Nora
Répondre

Merci Pascaline pour avoir facilité notre entrée dans le monde des artistes égyptiennes

pascaline
Répondre

Merci à tous! J'espère vous avoir donné envie de les découvrir. Ahah Serge ça ne gâche rien, n'est-ce pas?!

Limoune
Répondre

Ce billet musical, un vrai bonheur, bien que je ne sois pas fan d'Amr Diab :/

pascaline
Répondre

Disons que c'est un p eu le côté "bling-bling" de l'Egypte, Amr Diab, mais il est difficile de passer à côté! C'est un peu comme aller au Caire sans visiter khan el khalili! Ce billet musical, je l'espère sera aussi là pour vous rappeler que l'Egypte, c'est aussi ça...

Ptah
Répondre

Quel voyage extra ordinaire.

pascaline
Répondre

N'est-ce pas?! On ne s'en lasse jamais je crois...

Lahlou
Répondre

Y-a-t-il quelqu'un pour me renseigner sur un chanteur de l'époque dont on a tjrs pris une chanson comme étant celle du grand Abdewahab : il s'agit de Saber Sobh et la chanson est Dikrawat

saadane benzitouni
Répondre

Sans doute de très belles voix, mais vous avez oublié de citer la meilleure de ces voix,celle d’ Ismahan la plus grande voix arabe avec ses grandes chansons ya toyour et layali el ouns fi vienna. Lorsqu’on procède à un classement il faut être juste et partial !

Marcel Marette
Répondre

Je cherche une chanson (d'amour perdu?!) entendue au Caire, et dont le refrain obsédant répète phonétiquement "azeb azeb azeb", qui signifierait " souffrance? douleur ?.." Merci de m'indiquer les références...