Mes podcasts du confinement : yoga, introspection et rêves de progrès social

Article : Mes podcasts du confinement : yoga, introspection et rêves de progrès social

Mes podcasts du confinement : yoga, introspection et rêves de progrès social

Ce printemps a été pour beaucoup d’entre nous confiné, et il est venu chambouler nos vies, questionner nos propres sentiments, comme notre vision du monde de demain. Difficile de mettre des mots sur les émotions contradictoires qui nous traversent tour à tour ou de prendre du recul sur cet avenir incertain que l’on nous annonce comme un étendard. J’ai tout de même déniché quelques podcasts du confinement pour essayer d’y voir plus clair…

Ici, le soleil printanier se glisse doucement à travers les vitres de mon appartement parisien, et le bruit de la rue se fait plus sourd. Les journées sont rythmées par le télétravail, les skypes avec les collègues, les informations, les coups de fil à la famille, la lecture, la cuisine, les cours de yoga en ligne et bien sur les podcasts (et un peu de séries sur Netflix aussi…). 

Voici pour vous une petite sélection garantie non anxiogène et remplie de bienveillance pour occuper vos journées (parfois longues) en vous accordant un moment de pause. 

Émotions confinées : comment le déni s’est emparé de nous avec Cynthia Fleury

Cela fait longtemps que je veux vous parler du podcast « Emotions » de Louie Média. Il est devenu ma boussole, dans l’océan de sentiments qui me submergent et s’entremêlent durant cette période de crise sanitaire (déni, tristesse, angoisse, colère…). Comment les décrypter ? Comment les gérer ? Comment mettre des mots sur ce que je ressens ? D’où viennent ces émotions ?

Cyrielle Bedu vient répondre à ces questions grâce à des témoignages d’experts mais aussi de gens comme vous et moi qui racontent leurs vécus et qui nous aident à comprendre ce que l’on vit. 

Durant la période de confinement, Louie Média a réadapté son podcast et lancé « Emotions confinées », une série qui décortique les émotions qui nous traversent. L’une des premières que nous avons ressentie est sans doute le déni : on a tous eu dans notre entourage, ou réagit nous-même au début de la crise avec un certain déni quant-à la gravité de la situation : le fameux « ça n’est qu’une petite grippe ! » Comme s’il nous fallait passer par ce mantra pour comprendre que « cette petite grippe » allait finalement profondément changer nos modes de vie, nos habitudes et nos relations sociales à court et moyen terme. 

« Emotions » s’est penché sur le déni grâce à la psychanalyste et philosophe Cynthia Fleury qui le décrit comme un mécanisme défensif face à une « réalité insupportable que l’on fait disparaitre » et qui l’explique par « le fait de refuser de subordonner un comportement individuel à un comportement collectif ». Elle pose ainsi une analyse experte, avec un regard empreint de psychanalyse freudienne et des mots simples, qui nous aide à prendre du recul pour aller vers un peu plus de sérénité. 

A bientôt de te revoir : re-revoir Benoit Hamon 

Cet épisode a été mon moment de fraicheur du confinement : c’est la première fois que j’écoutais « A bientôt de te revoir » ! Je dois vous avouer que son invité de marque, rock star incomprise de la politique française, j’ai nommé, Benoït Hamon, m’a permis de sauter le pas. Le ton de la conversation entre Sophie-Marie Larrouy et son invité est totalement décalé ; et, ça fait un bien fou dans cette période anxiogène, d’entendre parler Benoit Hamon de l’école à la maison, de vin, de yoga dans son jardin ou encore de cuisine tout en distillant ses raisonnements et sa vision politique et en esquissant la vision d’un « monde d’après » qui pourrait être un peu moins sombre et surtout plus solidaire et inclusif. J’ai noté pour vous quelques-unes de ses punchlines :

« D’un mal il peut y avoir un bien » 

« Il faut que l’intelligence et la science se reconnectent avec le vrai progrès, la bonne santé, la coopération, le vivre ensemble »,

 « A cause du confinement tu vas avoir des secteurs entiers de l’économie, dans des villes entières, qui vont être sans boulot, ça va peut-être nous ramener à réfléchir à la question du travail, de l’emploi et au revenu universel »

«  Cette crise du coronavirus arrive dans un moment où le pays était déjà malade … d’être inégalitaire, du réchauffement climatique, de l’extinction de la biodiversité … et la question est : est-ce qu’on va réussir à trouver le bon antidote ? »

Benoît Hamon, A bientôt de te revoir.

Alors, finalement, si le monde d’après passait par les idées de Benoit Hamon ? Permettez-moi d’en rêver…

La poudre : Julia Cagé

J’ai découvert Julia Cagé sur Twitter, juste après la sortie de son livre « Sauver les médias » et quelques temps avant qu’elle ne devienne la conseillère économique de Benoît Hamon lors de la campagne présidentielle de 2017. J’ai été séduite par ses prises de position engagées, résolument à gauche, et ses explications pédagogiques des mécanismes économiques contemporains. Elle me rappelle mes professeur.e.s d’Université, qui avaient su m’emporter sur la voie d’une économie plus sociale et  plus solidaire grâce à leurs démonstrations brillantes sur la valeur travail, le don et le contre don ou encore les effets collatéraux des programmes d’ajustements structurelles du FMI dans les pays « du Sud ».

Julia Cagé était donc l’invité de Lauren Bastide dans une série de son podcast « La poudre » intitulée #ellespensentlapres, en réponse à la une du parisien « Ils racontent le monde d’après » mettant en scène des hommes blancs d’un certain âge ayant fait polémique pour son absence de diversité.

Julia Cagé nous parle du sexisme dont elle a été victime durant la campagne de Benoît Hamon ; de l’avantage qu’auraient les états à faire appels massivement à la dette publique pour relancer les économies, dans un contexte où les taux d’intérêt sont bas ; de la nécessité de repenser la démocratie selon la devise « une personne-une voix » qui est aussi l’un des principes fondateurs de l’économie sociale et solidaire. Elle nous livre à son tour une analyse réaliste mais teintée d’espoirs pour des lendemains plus égalitaires dont on a vraiment besoin en ce moment. 

Travail (en cours) : Faut-il faire le deuil de son travail idéal ?

Comment survivre avec des collègues un peu lourds ? Le short ça passe au bureau pour les hommes au bureau en été ? Quel est la place du travail, lui-même dans nos vies ? Est-ce que notre job nous rend heureux ? Est-ce qu’on ne serait pas plus heureux en faisant le deuil de notre travail idéal ? C’est peut-être les innombrables débats que vous avez pu avoir avec vos amis à propos de vos jobs respectifs, mais aussi quelques-unes des questions auxquelles tente de répondre le nouveau podcast de Louie Média : travail (en cours)

Dans ce contexte de confinement, que l’on télétravail ou non, on s’est à peu près tous posé la question de la place, parfois redéfinit de notre travail, dans notre vie (réajustée). Suis-je utile dans mon travail ? A-t-il du sens ? Alors que pour nos parents, un bon travail est surtout un travail où l’on ne bosse pas trop et où on est bien payé, pour notre génération, la question est beaucoup plus complexe. Nous projetons dans le travail tout un tas d’idéaux comme celui de nous épanouir, de nous permettre de développer nos capacités, d’apprendre, d’être stimulés… Mais en fait, si ces idéaux étaient inatteignables ? Si en faire le deuil nous permettait d’être plus heureux au travail ?

A travers le témoignage de Clémence Bodoc, la journaliste Judith Chetrit tire les leçons d’un parcours semé d’embuches et de ces questionnements. Clémence est une jeune femme qui a eu un job a responsabilité dans le BTP dès sa sortie de Sciences-Po puis s’est réorientée en tant que rédactrice en chef d’un magazine féminin en ligne, après un burn-out. Elle était beaucoup moins bien rémunérée mais trouvait du sens à ce qu’elle faisait, s’entendait bien avec ses collègues…, bref, elle croyait qu’elle avait trouvé son travail idéal mais les choses se sont un peu compliquées. Aujourd’hui, elle a tiré les leçons de ces évènements et les partage avec nous pour nous aider dans notre propre introspection. 

La matrescence : Céline Lazorthes à l’origine du Parental Act

La matrescence est un terme issu de la contraction des mots « maternité » et « adolescence ». Il traduit la profonde transformation que vivent les femmes en devenant mères. Ce podcast, créé par Clémentine Sarlat, parcourt la vie des parents ou futurs parents pour leur donner des des clés grâce à des interviews de professionnels & des témoignages de parents.


L’épisode qui m’a marqué dernièrement évoquait l’épineuse question du congé paternité (ou congé deuxième parent) à la naissance d’un enfant qui permettrait, s’il était allongé, d’être un puissant outil pour favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est ce que nous a démontré son invité, Céline Lazorthes, entrepreneuse qui a créé en 2009 la plateforme en ligne de cagnottes Leetchi et qui est devenue maman depuis. Elle nous explique comment, elle a fait le choix de prendre les distances avec sa société car les exigences envers les femmes en entreprises leur demandent des sacrifices dans cette nouvelle vie pleine d’ajustements. Elle a aussi fondé le « Parental act » pour lequel de grandes entreprises se sont engagées pour l’allongement de ce congé 2eparent.

Cet épisode, profondément politique, nous aide à prendre conscience des inégalités qui découlent de la durée inégale du congés maternité/paternité : si tous les parents avaient droit à une durée égale de congé à la naissance de leur enfant, il y aurait moins de discrimination à l’embauche des femmes en âge d’avoir des enfants, de moindre évolution professionnelle ou encore d’inégalités salariales… Il nous fait aussi réfléchir sur le rôle de précurseur que peuvent avoir des entreprises privées sur une mesure qui devrait être généralisée et organisée au plus haut niveau de l’Etat. 

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